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Tour d’horizon des textiles

    Pour bien choisir un textile, il est important d’en comprendre les caractéristiques et pour cela, bien différencier la nature des fibres, la structure du textile, les traitement qu’il a subit, …
    On vous explique donc tout ça ici !

    Natures des fibres textiles

    Fibres naturelles d’origine végétale

    Exemples : coton, chanvre, ramie, lin

    • « respirent » bien
    • relativement denses (lourdes)
    • absorbent l’humidité • froissables
    • supportent d’être lavées ou repassées à haute température

    Fibres naturelles d’origine animale

    Exemples : laine, soie

    • « respirent » bien
    • relativement légères
    • très bons isolants thermiques
    • délicates, ne supportant pas les brusques changements de température et le frottement intense, sous peine de feutrer

    Fibres synthétiques

    Fibres synthétisées à base d’hydrocarbures
    Exemples: acrylique, polyuréthane, élasthanne, polyester, polyamide

    • « respirent » mal
    • absorbent peu l’humidité
    • pour certaines : élasticité
    • pour certaines : aspect brillant, glissant (et mauvaise résistance à la couture)
    • ne supporte pas le lavage ou le repassage trop chaud
    • relâchent des micro-plastique dans les eaux de lavage

    Fibres artificielles

    Fibres crées artificiellement à partir de matières naturelles (cellulose par exemple).
    Exemples : viscose, rayonne, tencel, lyocell

    • Allient les caractéristiques les fibres synthétiques et des fibres naturelles

    Comment savoir ?

    En l’absence d’indication, il est possible de deviner la composition d’une fibre en en brûlant un petit morceau.

    • Odeur de papier brûlé et formation de cendres = origine végétale
    • Odeur d’animal brûlé = origine animale
    • Odeur de plastique brûlé et formation d’une boule dure = origine synthétique

    Un savant mélange

    La plupart des fibres utilisées actuellement sont des mélanges d’origines différentes. Par exemple : du coton dans lequel on ajoute un peu d’élasthanne pour le rendre élastique et un moins froissable.


    Les structures textiles

    Les tissés (aussi appelés chaîne et trame)

    Les tissés, sont issus d’un processus de tissage, où les fils de trames sont insérés perpendiculairement aux fils de chaîne. Le tissage est donc toujours orthogonal. Sa structure n’est pas élastique (mais les fibres qui le composent peut l’être).

    Orientations

    Un tissu n’a pas les mêmes caractéristiques dans toutes ses directions.

    • Le droit fil (le sens des fils de chaîne) est l’orientation la plus rigide, la plus solide et la moins élastique
    • Le contre-fil (le sens des fils de trame) est parfois identique au droit fil, parfois moins rigide, moins solide et légèrement plus élastique
    • Le biais (la diagonale) est beaucoup plus souple et élastique que le droit fil et le contre fil

    Pour tout savoir sur le droit fil, le contre fil et le biais, rdv > ici <

    Armures

    Il existe plusieurs structures de tissages, dites « armures », regroupées en 3 familles :
    les toiles, les sergers et les satins.

    • La toile est l’armure la plus simple : le fil de trame passe alternativement sur puis sous un fil de chaîne et réciproquement.
      Exemples : calicot, crétonne, étamine, flanelle, organdi, popeline, taffetas, vichy
    • Le serger, armure emblématique du denim, présente des côtes obliques sur l’endroit et l’envers. Il peut être à effet chaîne ou trame. C’est une armure dite à décochement.
      Exemples : denim, garbardine, tweed, pied de poule
    • Le satin est un type de tissage sans trame apparente, soit des étoffes lisses, unies, fines et brillantes sur l’endroit et mat à l’envers.
      Exemples : damassé, crêpe de satin, satin de soie
    • On pourrait ajouté à ces 3 familles les velours, tapis, bouclettes, … qui ont en commun de présenter des bouclettes ou des fils ras, insérés en plus de la chaîne ou la trame de structure
      Exemples : velours, velours côtelé, tissu éponge, tapis, …

    Les mailles

    Contrairement aux tissés, les mailles sont tricotées et sont extensibles de par leur structure.
    Une maille a deux sens : l’endroit et l’envers et deux orientations : horizontal et vertical.
    La maille est plus extensible horizontalement que verticalement.
    Le tricot peut se réaliser à plat ou de manière tubulaire.

    • le jersey
      Tricot dont toutes les mailles sont dans le même sens. Ce tricot « roule » spontanément sur lui même.
    • les côtes
      Tricot présentant des colonnes de mailles à l’endroit séparées par des colonnes de mailles à l’envers. Chaque côte (colonne) peut compter une ou plusieurs mailles de large.
      Les côtes sont encore plus élastiques que le jersey et ne « roulent » pas sur elles-même.
    • Points de céréales et autres fantaisies
      Tricots alternant des mailles envers et endroit, des mailles glissées ou croisées de manière à créer un motif (éventuellement ajouré)

    Les tressés, croisés, et autres entrelacs…

    Autres méthodes de création textiles qui ne sont ni du tricot ni du tissage
    Exemple : macramé, dentelles, passementerie, vannerie, …

    Les non-tissés

    Surfaces textiles obtenues autrement que par le tricot ou les méthodes d’entrelacs
    Exemple : feutre, cuir, …


    De toutes les couleurs

    Le motif et la couleur peuvent être intégrées à différentes étapes de fabrication d’une étoffe : par la sélection d’espèces naturellement colorées, par la teinture des fibres, la teinture des fils, la teinture de l’étoffe, l’impression sur étoffe, la broderie, …

    La teinture, parce qu’elle pénètre « dans la masse », est toujours plus durable qu’une impression, qui elle, est réalisée à la surface du tissu.
    Parmi les teintures, on distingue les naturelles et les synthétiques, celles à chaud ou à froid, grand teint et petit teint.

    On peut choisir de ne teindre que partiellement les fils ou les étoffes et ainsi créer un motif ou un effet. On réserve alors les parties qu’on ne veut pas colorer, en serrant le tissu ou les fils comme c’est le cas pour les techniques de Tie and Dye, Shibori, Ikat, … ou en appliquant de la cire comme pour le Batik, le Wax, …

    Parmi les méthodes d’impression les plus connues, on peut citer l’impression par bloc et la sérigraphie.


    Autres traitements

    Mis à part la teinture et l’impression, le tissu peut subir toute sortes de (mauvais) traitements à fin d’en modifier les caractéristiques ou l’aspect. Il peut être griffé/peigné/foulé par exemple pour lui donner un une texture veloutée comme le pilou, la flanelle, le molleton, le sweat… Il peut être usé et partiellement déteint comme on le fait souvent avec les jeans. (Voir aussi l’article sur la vieillesse textile à ce sujet) Il peut être gaufré ou mis en forme avec des plis permanents.

    Le tissu, avant d’être vendu, est également enduit d’apprêt et parfois de pesticide afin de le protéger des insectes et des salissures. L’apprêt donne également un peu de rigidité au tissu. Il peut être utile de laver ou décatir (repasser avec de la vapeur) le tissu avant de l’utiliser pour le débarrasser de cet apprêt.


    En pratique

    Un tissu est donc caractérisé par :

    • sa composition (nature des ses fibre)
    • la manière dont ses fibres ont été structurées entre-elles
    • les traitements et apprêts qu’il a subi

    Ces éléments vont conférer au textile ses différentes propriétés, comme par exemple :

    • la densité
    • l’élasticité
    • le degré d’absorption d’humidité
    • l’imperméabilité
    • la déperlance
    • la respirabilité
    • la capacité d’isolation thermique
    • la résistance à la couture, au frottement, à la chaleur, au lavage, aux UV, …
    • ininflammabilité

    Et plus si affinités

    L’histoire textiles est d’une richesse incroyable. Elle est révélatrice des cultures et des rapports sociaux. Je finirai donc ici ce petit tour d’horizon en nous invitant à vous renseigner d’avantage.